jeudi 9 septembre 2010

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This is a friendly reminder to check out our book page from time to time. Our latest review is courtesy of Nicole Brissac. You can read the first couple of paragraphs here, go to the book page for the complete review. Merci, Nicole!

This just in: La mémoire aux abois is on the short list for the Prix Carbet des Lycéens for 2011!


Evelyne Trouillot, La mémoire aux abois, Hoëbeke, (Etonnants voyageurs), 2010, 185 p.
Plus que de dialogues, il s’agit de deux monologues, deux paroles qui se croisent autour d’une même histoire, autour de souvenirs forts liés à Quisquéya.

Deux polices de caractère qui caractérisent les deux personnages fixent la frontière entre deux univers que tout oppose : celui d’une veuve de dictateur qui se meurt, exposée aux regards, tout en étant cachée par la direction de l’hospice qui l’abrite. Curieux et ironique destin !!! L’italique couché, comme cette femme fauchée par l’âge, narre à la 3ème personne les souvenirs d’Odile Doréval. Cette écriture tout en créant une mise à distance, un effet d’objectivité provoque chez le lecteur agacement, ressentiment mais aussi curieusement attachement quand la veuve évoque son enfance et sa volonté farouche de s’en sortir par le haut. L’autre monde est celui d’une jeune quisquéyenne qui ne cesse de raviver des faits douloureux et tragiques que lui a relatés Marie-Carmelle, sa mère. Evénements qui l’ont pétrie, qui continuent à la façonner voire à déterminer son être. Infirmière, elle a pour patiente la « gardienne de la révolution » dont le mari despote a décimé sa famille. Elle est pleine d’une haine contenue perçue par la veuve « Qu’elle la trouvait agaçante, cette fille qui s’occupait d’elle en la fusillant du regard » En son for intérieur, elle déplore : « …de la voir, de m’en occuper m’empêche de dormir » et se remémore les récits de sa mère : « …toutes tes histoires des Doréval reviennent me remplir la tête ». La police de caractère droite qui la symbolise, plus classique, plus normée pour un roman, raconte à la première personne les affres et souffrances de la jeune femme. Ce parti pris d’écriture entraîne, implique et saisit le lecteur qui s’identifie à ce « je » au point d’en prendre le parti, d’en épouser le point de vue. C’est en effet, là, le roman d’une double postulation, d’une double focalisation qui nous rend Quisquéya plus vraie et son histoire plus complexe. Les deux oppositions reconstruisent l’Histoire en rendant présente par des soliloques leurs histoires passées tout en refaisant vivre leurs fantômes intimes.

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